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Qu'est ce qu'un "faux" en art ?

Quand vous entendez un expert ou un collectionneur s'exclamer "C'est un faux !", vous êtes tout à fait en droit de lui demander ce qu'il entend par là.
Car il y a plusieurs manières pour un objet d'être un faux.

Rappelons la base.
Qu'est-ce qu'est un original ? (définition formelle) : c'est une œuvre première émanant de l'auteur.

Voyons les différentes manières pour un objet de ne pas être un original.

Copie : reproduction fidèle, exécutée sans intention frauduleuse.
Mais si elle sort du domaine privé, pour être commercialisée par exemple, elle doit être exécutée dans des dimensions différentes de celles de l'original.

Imitation : copie, comportant éventuellement une part d'interprétation, d'une œuvre ou d'un style.

Faux : œuvre exécutée dans le style d'un artiste, portant ou non une signature, présentée de manière à tromper sur l'identité de l'auteur.

Contrefaçon : reproduction d'une œuvre sans l'autorisation de l'auteur, dans l'intention de tromper.

(Définitions données par le musée du Louvre lors de l'exposition :
" Copies, répliques, pastiches " en 1974.)

Les pratiques qui posent problème sont donc le faux et la contrefaçon car elles sont totalement illégales.

La différence entre les 2 est la suivante :
Dans le cas du faux, on "invente" en créant une oeuvre dans le style de l'artiste.
Dans le cas de la contrefaçon, on reproduit une œuvre existante.
Toutefois, dans le langage courant, on regroupe ces 2 pratiques sous le terme de "faux".

Si vous collectionnez les oeuvres d'un artiste, vous devez suffisamment bien le connaitre pour ne pas vous encombrer d'une copie ou d'une imitation.

Et n'oubliez pas ce conseil éclairé :
" N'achetez jamais un original donc la copie est au Louvre. "
Nicolas Landau, Aphorismes

Quelques informations concrètes pour aller plus loin :

Les faux sont plus difficiles à détecter s'ils sont contemporains de l'artiste. Ils résistent à l'analyse scientifique car les supports (toile, papier, bois, cuivre…) et les pigments sont ceux utilisés à l'époque.

Des artistes comme Bouguereau ou Corot signaient les toiles de leurs amis moins doués pour les aider à vendre. Mais cette pratique ne résiste pas à l'œil de l'expert ou à la confrontation avec le catalogue raisonné.
Les faux sont donc plus courants sur les petits artistes sans catalogue raisonné.

Pour un expert, la première impression, la plus instinctive, est souvent la bonne. Avant de parler "analyse scientifique", il examine le style, la main.
Quand il connaît bien la main d'un artiste, l'expert se fonde souvent sur cette intuition première et cherche à la confirmer.

Pour le collectionneur, une règle de base : ne pas acheter sur photo sauf si on connaît très bien l'artiste ou si le vendeur a pignon sur rue.


Cliquez ici pour un bon article sur les plus grands faussaires en faux et contrefaçons dans les domaines de la peinture et de la sculpture sur le site MyartMaker.com

 

Les Disciples d'Emmaus, faux Vermeer peint par Han Van Meegeren en 1936.
Van Meegeren a "inventé", entre autres, des Vermeer qui ont été proposés sur le marché de l'art et achetés par des collectionneurs et des musées.
Brillant faussaire, il a trompé des experts réputés dont les spécialistes de ce peintre.

NB : Johannes Vermeer (1632-1675) est un peintre hollandais.
 
 

 

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