Comment mieux retenir ?

Résumé

Nous sommes submergés d’information grâce à Internet. Que l’on soit un étudiant ou un adulte curieux relire plusieurs fois le même contenu n’est pas la bonne stratégie pour mémoriser.

Pour retenir ce qu’on a lu, il faut pratiquer la remémoration : se poser devant une feuille blanche et écrire ce qu’on a retenu. Ensuite il faut relire le contenu initial, comparer et compléter les manques.
Une étude d’Harvard l’a démontré, se questionner sur ce qu’on sait est la seule vraie bonne méthode pour retenir. Prodezarts va faciliter la vie de ses lecteurs en proposant des quiz pour faciliter ce questionnement.

L’article

D’autres titres avaient été envisagés : « Conseils pour frimer au musée » ou
« Pourquoi expliquer l’art au musée à vos amis est un bon moyen de mémoriser ce que vous savez, de faire des connections entre vos connaissances, de renforcer votre mémoire ».
Mais aussi de frimer…

Nous sommes submergés d’information grâce à Internet. Prodezarts essaie de décrypter le marché des objets d’art en simplifiant son propos et son contenu : ne pas surchargé ses articles d’informations, de ne pas utiliser des mots étranges qui appartiennent au jargon des professionnels. Je ne sais pas s’il y réussit. Il est difficile d’avoir un retour objectif sur son propre travail.

Mais comment mémoriser mieux ce que vous lisez sur ce site et, bien sûr, ailleurs sur le net ?

J’ai passé 4 ans à l’Ecole du Louvre à une époque où les études étaient plus courtes, certes, mais sans doute aussi difficiles.
Et j’avais 20 ans de plus que les autres étudiants.
Tellement de choses à retenir ! Ce qui facilitait grandement les choses était l’accroche visuelle. Quand on est de type visuel et qu’on étudie l’Histoire de l’art, on est comme un addict au chocolat qui se fait enfermer dans une pâtisserie, on tend la main vers tout ce qui est proposé. Mais ça ne suffit pas pour retenir…

Je ne sais pas si la terrifiante « épreuve des clichés » aux examens écrits de fin d’année existe toujours à l’école du Louvre.
Voici son déroulement : 4 images d’objets d’art étaient projetées successivement sur un écran. L’étudiant devait identifier l’objet, en rédiger la fiche (nom, artiste, année de production, matériaux, style …) puis produire un commentaire structuré sur sa place dans l’Histoire de l’art, dans l’œuvre de l’artiste, dans l’époque, à l’intérieur d’un mouvement etc…
Trois objets sur 4 avaient été entrevus en cours, je dis « entrevu » car un cours de l’école du Louvre ressemble à un sprint, le 4ème n’avait jamais été vu. Il s’agissait alors pour celui-ci d’un vrai travail d’expertise : on vous présente un objet, à vous d’en extraire le maximum d’informations pertinentes (attention au fourre-tout : surtout ne dire tout ce qu’on sait, mais juste ce qu’il faut dire).
Les autres épreuves étaient des dissertations.

Je voudrais simplement parler de ce qui me permettait d’absorber et de mémoriser un grand nombre d’informations donc de réviser plus efficacement. J’utilisais était la méthode suivante :
1ère phase :
– décider de travailler sur un sujet, peu importe son étendue (la peinture de paysage aux Pays-bas au XVIIème siècle, la céramique chez les Song, l’introduction de l’arc-boutant dans l’architecture des cathédrales…).
– m’asseoir devant une feuille de papier,
– écrire tout ce qui me venait à l’esprit (hum, je veux dire sur le sujet…), sans avoir relu mon cours avant.

2ème phase :
– prendre mes cours et boucher les trous (quelquefois des abîmes…), c’est-à-dire compléter avec les informations manquantes.
Et oh miracle ! Les connaissances entraient petit à petit dans mon esprit.

La 1ère phase décrit aussi ce qui se passe quand on vous distribue le sujet dans une salle d’examen (sauf que ce n’est pas vous qui avez choisi le sujet…).

Une gymnastique intellectuelle
Se remémorer est une gymnastique que le cerveau apprend à exécuter. Les premières fois, c’est laborieux. Il y a une part de nous-même qui résiste, comme un refus de se prêter à cet exercice. Il faut clairement se pousser, se contraindre. Puis on est entraîné et on devient de plus en plus efficace à ce jeu. C’est aussi un moyen de se concentrer plus facilement quand on doit apprendre.

Ainsi on enregistre ce qu’on peut lors d’un cours ou d’une lecture. Puis on tente de restituer. C’est la phase un peu décevante, mais on comprend mieux en restituant. Ensuite, il faut revoir ce qu’on a lu et on complète.

Quand on fait ces remémorations, l’information vous arrive en résumé et est formulée avec vos propres mots. Elle est alors parfois plus synthétique et plus compréhensible, au moins à vos yeux, que quand vous l’avez lue dans sa source initiale.

La méthode est universelle. Harvard a fait une étude qui a vérifié cette méthode.
Des étudiants ont été réunis dans un amphi et divisés en 3 groupes. Ils ont écouté un cours pendant 30 minutes en prenant des notes.

Après le cours, on a demandé au groupe 1 de relire ses notes, au groupe 2 de répondre à des questions, au groupe 3 de ne rien faire.
Puis ils ont eu 30 minutes de cours à nouveau et on a demandé à chaque groupe de refaire la même chose ensuite (relire, répondre, rien). Ceci a été répété au total 4 fois.
Ensuite, on a testé les 3 groupes pour savoir ce que les étudiants avaient retenu de l’ensemble de la session.
Le groupe 1 (relecture) et le groupe 3 (ne rien faire) ont obtenu le même score. Seul le groupe 2 (répondre à des questions) a mieux répondu et fait la différence.

Conclusion : relire ses cours n’est pas la bonne solution pour apprendre, ni relire le même contenu n fois sur Internet n’est pas le bon truc pour mémoriser.

Ce conseil peut-être utile :
– Quand on est étudiant.
– Quand on est adulte et que le cerveau est moins entraîné à retenir.
– Quand on est excellent en mémorisation sur son lieu de travail et franchement moins efficace en dehors.
– Quand on a cessé une activité professionnelle.
– Quand notre cerveau est sous pression et toujours encombré, qu’on se concentre moins bien et qu’on retient moins bien.

La solution est se poser et se réciter ce qu’on vient de lire. Il y a toujours un moment pour le faire :
– juste après la lecture,
– en marchant (Ah ! mais au fait qu’est-ce que j’ai lu ce matin…),
– en parlant tout haut chez soi. Parler tout haut est très bien, vous vous expliquez à vous-même oralement un mécanisme et donc vous serez capable de l’expliquer à quelqu’un d’autre… lors de la visite d’un musée par exemple.
– en l’expliquant à quelqu’un : trouver une « victime » dans votre entourage et racontez-lui en quelques mots ce que vous avez lu. Transmettre est un moyen incroyable de mémoriser.

Se remémorer les choses apprises est une saine activité car un cerveau que vous laissez inoccupé se remplit avec une foule de chose inutiles (ceux qui méditent le savent bien). Autant lui proposer un petit challenge en lui posant la question suivante : qu’est-ce que j’ai lu ce matin dans cet article ?
Au début, la pêche est petite, vous remontez peu d’informations. Avec le temps, vous allez devenir pro ! (des Arts…).

De l’importance de la concrétion pour devenir expert dans une matière ou simplement pour apprendre une nouvelle matière.

On part d’un noyau d’informations un peu au hasard et on va accrocher des connaissances autour.
Il ne faut jamais être impressionné par la taille d’une matière et par le nombre de choses à retenir. Plus vous allez lire sur le sujet, plus les connaissances vont s’agglomérer dans votre cerveau comme des concrétions autour d’un noyau qui vont devenir de plus en plus grosses.

De l’importance des quizzes et de la gamification pour mémoriser
Je vais tenter « d’Harvardiser » les articles de Prodezarts. (Référence au test ci-dessus).
J’aurais aimé avoir des quizzes (quiz au pluriel) pour m’aider à me remémorer et à apprendre quand j’étais étudiante. Aussi, je vais en créer un certain nombre pour vous.

Le fait de faire ces quizzes pourra permettre par la suite d’obtenir des « badges » c’est-à-dire des récompenses virtuelles car pour certains (dont je fais partie), il est plus motivant d’apprendre quand on peut mesurer ses progrès. C’est l’aspect « gamification » qui va prendre de plus en plus de place sur Prodezarts dans les prochains mois.
Le premier quiz est sur l’estampe japonaise. Il a été « prêté » par le site Artmemo un site quasiment consacré exclusivement à ce sujet, qui n’offre plus d’estampes à la vente mais a conservé la partie documentation.

Prodezarts se veut être une communauté et recevra aussi vos quizzes avec plaisir afin de les partager en ligne.

Diane Axelle