Comment vendre un objet d’art ou de collection ?

Il est difficile de revendre vos objets d’arts du jour au lendemain comme vous le feriez d’un titre en bourse. Ça tombe bien ! Prenez votre temps et revendez-les dans de bonnes conditions. Faites un bénéfice ou évitez une perte.
Le terme « objet d’art ou de collection » est pris ici au sens large. Il peut désigner un tableau de maître, une peinture à l’huile ou un joli vase non signés, une estampe japonaise, un livre ancien, une photographie… Le domaine est vaste.
Disons que nous qualifierons ainsi tout objet qui a un caractère décoratif ou précieux à vos yeux.

I Vous voulez vendre un objet dont vous êtes propriétaire.

Reconnectez-vous avec les tendances.
– Vous avez perdu de vue la valeur de l’objet car vous l’avez depuis longtemps,
– ou vous n’avez jamais eu connaissance de sa valeur.

Le marché des objets d’art évolue, les modes s’installent et passent. Des styles ou des types objets ne sont plus recherchés. En contrepartie, des engouements pour certains types d’objets apparaissent. Vous devez savoir si actuellement votre objet est recherché par des amateurs ou des collectionneurs et à quel prix. La première étape est donc de le faire expertiser.

1°) Faire expertiser votre objet par un professionnel

Avant de proposer votre objet sur le marché, vous devez avoir une idée de sa valeur.   Adressez-vous à un professionnel qui ne sera pas forcément celui vers lequel vous reviendrez pour le mettre en vente.

a) Le premier avis sur photographies

Pour ce premier avis, vous n’avez pas forcément besoin de vous déplacer.
Vous pouvez envoyer quelques photographies par e-mail ainsi que la dimension de l’objet (très important), votre avis sur son état, la liste des documents que vous possédez éventuellement à son sujet (facture, certificats…).

Le premier avis permet de savoir s’il faudra vous déplacer ensuite pour montrer l’objet à un spécialiste ou demander une visite à domicile.

Où obtenir un premier avis gratuit sur photographie :

– Dans une Maison de ventes, c’est-à-dire le lieu où officient des commissaires-priseurs.
Voici une liste de Maisons de ventes que l’on peut joindre en ligne :

Sur Interenchères :
Une plate-forme qui regroupe près de 300 commissaire-priseurs dans toute la France. Vous pourrez choisir, dans une liste sur le site, le commissaire-priseur le plus proche de votre domicile mais les estimations se font en ligne dans un premier temps.
Voici le lien avec le site d’Interenchères : https://estimation.interencheres.com/

Sur Expertissim :
Si vous connaissez déjà cette « enseigne », peut-être ne savez vous pas encore qu’elle s’est associée avec la Maison de ventes Drouot Estimations et que c’est donc aux experts de Drouot Estimations que vous devez vous adresser pour une estimation en ligne, dans leurs locaux ou à votre domicile.
Voici le lien avec Drouot Estimations : https://www.drouot-estimations.com/estimer-vos-objets

Sur le site de la Maison de ventes parisienne Fauve Paris.
Une Maison de ventes « plus jeune » et conviviale qui affirme résolument sa différence et « propose de donner accès au monde des enchères autrement. »
Voici le lien sur le site de Fauve Paris : https://www.fauveparis.com/

Pour les objets plus haut en gamme (si vous le savez de manière sûre ou si vous en pressentez la possibilité).

Chez Christie’s pour une estimation sur photo en vous adressant à un de leurs bureaux : https://www.christies.com/features/welcome/french/estimations/

Chez Sotheby’s, estimations en ligne : https://www.sothebys.com/fr/plateforme-demandes-destimations?cmp=ppc____google_evergreen_paris_june-2019&gclid=EAIaIQobChMIqeC_m_X25QIVi5OzCh0DnAyrEAAYASAAEgKCy_D_BwE

Chez Christie’s, estimations en ligne et en anglais (n’existe pas en français actuellement ): https://www.christies.com/selling-services/auction-services/auction-estimates/overview/

chez un antiquaire généraliste mais qui vend des objets se rapprochant du votre si vous avez peu d’informations sur celui-ci.
chez un antiquaire spécialiste du domaine.

Sur le site Prodezarts.com : Vous envoyez photos et renseignements en votre possession à Prodezarts. Une page-fiche au sujet de votre objet est mise en ligne (c’est gratuit !).
2 avantages :
– Vous pouvez transmettre le lien sur cette page-fiche à un professionnel.
– Des amateurs, connaisseurs ou experts peuvent donner leur avis sur votre objet.
voir Prodezarts, comment ça marche ?

b)  Le résultat du 1ère avis

Vous avez obtenu un avis et sans doute une estimation. Ces informations n’engageront nullement ceux qui vous les donnent mais c’est une première piste. Vous aurez un embryon de réponse à la question suivante : est-ce que les efforts que vous dépenserez à mettre votre objet en vente en vaudront la peine ?

Il peut être bon d’avoir aussi deux avis car il est possible d’obtenir des appréciations et estimations différentes.

c) Obtenir un avis gratuit en se déplaçant avec l’objet

Si vous êtes prêt à vous déplacer car vous voulez recevoir soit un avis plus sûr, soit un  2ème avis après celui donné sur photographie. Vous devez :
– téléphoner pour prendre contact et expliquez ce que vous pensez détenir,
– vous déplacer avec l’objet,
– essayer de demander la visite d’un professionnel à domicile si objet volumineux ou objets en nombre.
NB : le professionnel ne se déplacera que s’il sent que votre objet en vaut la peine.

Où aller ? : Voir ci-dessus Drouot estimation, les Maisons de ventes en région dont vous avez la liste sur le site d’Interenchères (voir plus haut), les Maisons de ventes spécialisées (à repérer en feuilletant l’excellente Gazette Drouot qui arrive tous les vendredis chez votre libraire).

d) Obtenir un avis payant

Où obtenir un avis payant ? Chez un expert spécialiste du domaine.
Dans ce cas, le professionnel ne se contentera pas d’une photo. D’ailleurs, il n’a pas le droit de faire payer une expertise sur photo. Il devra avoir l’objet entre les mains. Mais il s’engagera alors sur l’authenticité de l’objet (est-il vrai ou faux ? Lire l’article Qu’est ce qu’un faux en art ?).
Il vous indiquera le montant que vous pourrez obtenir lors d’une vente. Il pourra aussi vous conseiller sur la façon de vendre au mieux votre objet.
Enfin, il vous remettra un certificat.
Les experts travaillent souvent avec des Maisons de ventes.

e) Vous devez sortir de chez un professionnel avec la réponse aux questions suivantes :

– est-ce je vends de suite ou est-ce que je garde définitivement ou est-ce que je jette car cet objet est un faux et/ou n’a aucune valeur ?
– est-ce que je garde éventuellement en attendant que le marché se porte mieux ?

2°) Faire son expertise soi-même

a) Faire une estimation soi-même peut être possible :

A l’aide des grosse bases de données type Artprice ou Artnet.
Elles recueillent tous les résultats de ventes aux enchères. Nous insistons sur ce point : ce ne sont que les résultats obtenus en ventes aux enchères car ce sont les seuls résultats accessibles au public. Les produits des ventes chez les galeries et antiquaires ne sont pas accessibles.
Pour accéder à ces bases de données, vous pouvez prendre un abonnement d’une journée si vous êtes déterminé ou si vous ne trouvez rien ailleurs. Un abonnement d’une journée coûte une quarantaine d’euros.
Quelque fois, vous ne trouverez que la consultation gratuite de quelques résultats de vente sur les dernières années si votre objet est peu courant. Mais vous aurez connaissance du nombre de résultats existants avant de vous avant de vous engager en payant un jour de consultation.

Vous pouvez consulter des résultats de ventes aux enchères sur les sites type interenchères.com (regroupe 300 Maisons de ventes, voir plus haut) ou le site de n’importe quelle Maison de ventes. Il faut juste que votre requête soit très précise dans le moteur de recherche du site.

– Si vous connaissez l’artiste qui a signé votre objet, les gros livres de cotes comme les guides AKOUN sont à consulter dans certaines bibliothèques. L’extraordinaire bibliothèque municipale accolée à l’Hôtel Drouot à Paris propose la consultation libre de dizaines de livres de cote.
adresse : 11 rue Drouot 75009 Paris
Horaires : https://www.paris.fr/equipements/bibliotheque-drouot-1719

b) Identifier son objet soi-même est possible.
Google est là avec ses images…

c) Authentifier son objet soi-même est plus difficile.

Vous avez un objet signé ou réputé avoir été réalisé par un artiste. On vous l’a vendu comme tel mais sans certificat ou il apparaît dans le catalogue raisonné de l’artiste. Mais est-ce qu’il peut toutefois s’agir d’un faux ? Dans ces cas, l’avis du professionnel est sans doute irremplaçable. Voir plus haut : obtenir un avis gratuit ou payant.

A noter : quand l’artiste ne fait pas partie des artistes très cotés, il y a peu de chance que l’oeuvre soit une copie.

d) Une liste de petits « trucs » à la portée des amateurs.

– Bronze ou régule ? Vous avez une sculpture de type fonte en bronze. Grattez quelques millimètres en surface à un endroit peu visible. Si une couleur jaune apparaît sous la patine, c’est bien du bronze. Si la couleur est blanche, c’est du régule, qu’on appelle aussi le « bronze du pauvre ».
– Peintures, aquarelles, dessins : en lumière rasante, les reliefs des ­pigments et du trait doivent apparaître. Sinon, il s’agit d’une reproduction. 
– Un objet en verre ou en céramique fêlé perd quasiment toute sa valeur.
– Le cas des multiples (des pièces identiques éditées en série) par exemple bronzes, céramiques, photographies, estampes). Pour les multiples, entrent en jeu :
=> la dimension de l’objet. Il a pu être édité en plusieurs séries de dimensions différentes, ce qui va influencer sa valeur.
=> le nombre de pièces dans la série (c’est à dire le nombre de tirages).
Une série avec beaucoup d’exemplaires, c’est une rareté faible donc des prix plus bas. Salvatore Dali a fait tirer d’énormes séries de ses lithographies, ce qui fait qu’un tirage aura peu de valeur. Il est même soupçonné d’apposer sa signature sur des feuilles blanches avant l’impression de ses lithographies.
Voir l’article de Prodezarts : Achète-t-on une œuvre d’art originale quand on achète un multiple ?

– Notez aussi que l’état de conservation d’une oeuvre influe sur sa valeur.
Voir ici l’article de Prodezarts qui traite de l’importance du sujet et de l’état de conservation lors de l’achat d’une peinture ancienne. Cet article peut être utile si vous voulez vendre une huile sur toile.

– Dans le cas des bijoux anciens, deux options sont possibles : soit la monture, le montage, le travail du joaillier élèvent la valeur du bijou au-dessus de celle de son poids en métal précieux , soit ce travail n’est pas significatif, et le bijou sera vendu au poids.

e) Faut-il faire restaurer avant de vendre ?

C’est à voir au cas par cas. Faire restaurer un objet coûte assez cher mais peut-être un plus.
Attention au pourcentage de restauration admis pour qu’un objet reste original !
Par contre, faire nettoyer un tableau par un restaurateur avant de le proposer à la vente est certainement la garantie d’en tirer un montant plus élevé.

II Estimation dans le cas d’une succession

Vous devez faire estimer tous les biens meubles qui appartiennent à la succession pour déterminer de façon rigoureuse et légale le montant de celle-ci.
Définition des biens meubles : pour faire simple, tout ce qui est transportable est un bien meuble.
Il existe deux sortes d’inventaires : l’inventaire simple et l’inventaire fiscal.

Ne vous précipitez pas sur l’inventaire successoral fiscal :
L’inventaire fiscal va graver dans le marbre le montant des biens meubles. Il constituera l’assiette de calcul du montant que vous allez devoir au fisc. Si l’estimation n’est pas bonne, le montant que vous contestez ne sera pas modifiable.
L’usage chez les professionnels est de sous-estimer les biens pour ne pas plomber le montant imposable.

Faites faire un inventaire simple pour avoir simplement une idée de la nature et de la valeur des objets et affinez ensuite.
Et lisez notre article : L’évaluation des meubles et objets d’art pour le règlement des frais de succession

Une parenthèse au sujet de vos besoins en estimation

Pourquoi les Maisons de ventes, les commissaires-priseurs ont besoin de vous ?

Les commissaires-priseurs donnent toujours un premier avis gratuit. Ils seront toujours enthousiastes à l’idée de voir ce que vous avez à vendre. Ils sont très motivés par l’idée de mettre la main sur un trésor.
Les commissaires-priseurs trouvent aisément des clients pour acheter aux enchères mais sont toujours en quête d’objets à vendre donc ils « chouchoutent » les vendeurs. Ils sont ainsi plus à l’affût de vos trésors que vous ne l’êtes de leur service.
Les commissaires-priseurs en régions ont régulièrement mis la main, ces dernières années, sur des objets extraordinaires. Ils ont réussi à les vendre au prix auquel ces objets se seraient vendus sur les plus grandes places du marché de l’art. Donc vendeurs et professionnels y ont gagné.
Car n’oublions jamais que la France est un « grenier à objets d’art et de collections »…

Faites-nous, s’il vous plait, un retour sur l’accueil que vous avez reçu chez les professionnels et sur votre niveau de satisfaction.
Prodezarts est un site d’expertise participatif et l’expérience des uns peut profiter aux autres. Les différents professionnels vous doivent un accueil impeccable et chaleureux. Ils sont actuellement très demandeurs de marchandises à vendre. Donc dites-nous…
(En commentaire ou sur la page Contact.

III A qui faire confiance pour vendre et dans quelles conditions ?

1 Les marchands spécialisés : antiquaires, galeristes

Important : Il se peut que l’estimation que l’on vous a donnée soit égale au prix de l’objet sur le marché, c’est-à-dire le prix que vous auriez payé si vous veniez de l’acheter.
Donc vous pouvez donc avoir un choc quand un marchand vous proposera un prix d’achat très inférieur à celui de vos attentes.
Cela dit, voyons différents cas de figure :
– Le marchand est acheteur.
Vous recevrez le montant de la vente immédiatement. Il vous donnera 30 à 40% du montant de l’estimation.
– Le marchand vous propose d’être votre courtier.
Il va prendre votre objet en dépôt et va le proposer à ses clients.
Une fois la vente conclue, il prélèvera une commission de 10% à 30% du montant total.
Vous pouvez accepter cette solution si vous n’êtes pas pressé.

2°) Vendre dans une Maison de ventes au cours d’une vente aux enchères

a) C’est une solution qui présente des avantages :

– Toute la transaction sera sûre.
– La Maison de ventes prend tout en charge.
– Vous recevrez le prix du marché… et parfois plus. Dans une vente aux enchères, il suffit que deux amateurs s’enflamment et luttent autour d’un objet pour que les prix montent.
– Vous n’acquitterez pas forcément de frais d’adjudication, ceux-ci étant souvent à la charge de l’acheteur.
– Les enchères en ligne permettent de toucher des amateurs hors de votre zone d’habitation et hors des frontières.
– Vous n’êtes pas sur E-bay : les frais de transport seront à la charge de l’acheteur. L’emballage sera fait par la Maison de ventes.

b) C’est une solution qui présente des inconvénients :

– Vous paierez peut-être certains frais vendeur : des frais de publicité, de catalogue, d’assistance d’un expert pendant l’exposition et la vente, de transport. Mais avec les Maisons de ventes les frais sont en général négociables. Tout dépend de l’objet que vous apportez.
Voir ci-dessous au sujet des négociations possibles.
– Ne soyez pas pressé. Il faudra que votre objet soit inscrit dans une vente à venir. Il faut parfois de 2 à 3 mois. Discutez ce point avec le commissaire-priseur.
– Ne soyez pas pressé non plus pour toucher le montant de la vente. Le délai de règlement est autour de 1 à 2 mois après adjudication. Un vendeur récurrent peut demander à ce que le délai soit raccourci.
–  Dans le cas d’un objet haut de gamme, rare ou unique : s’il n’est pas vendu, votre objet sera « grillé ». Il apparaîtra dans les bases de données accessibles aux amateurs comme « invendu » et ne devra pas être proposé à nouveau sur le marché avant un certain temps (le temps de l’oubli..).

c) Globalement, il y a 3 types de ventes aux enchères :

– les ventes non cataloguées, une simple liste est fournie au public sans photographies. C’est un peu le « tout-venant » qui est mis en vente,
– les vente cataloguées généralistes,
– les ventes cataloguées spécialisées. Elles peuvent être dite « spécialisées » sur un domaine large ou « très spécialisées » :
Exemple : ventes d’estampes (gravures, lithographies) et photographies ou vente de photographies seules, ventes en arts asiatiques (céramiques, peintures, gravures…) ou ventes d’estampes japonaises seules.

Une vente aux enchères cataloguées nécessite la rédaction d’un catalogue et votre objet devra y être inclus donc un délai d’attente est fréquent.
Les ventes spécialisées sont organisées moins souvent car pour monter ce type de vente, le commissaire-priseur doit avoir suffisamment d’objets à mettre au catalogue. Mais elles présentent un gros avantage : elles n’attirent pas le même public. Une  vente spécialisée fera des prix plus importants si votre objet en vaut la peine car les collectionneurs seront présents.

Périodicité des ventes aux enchères
Il y a des périodes de mise en vente plus favorables que d’autres. Les meilleures périodes sont novembre-décembre et mai-juin. Il y a plus de ventes donc plus d’acheteurs mobilisés dans les salles de ventes, qu’ils soient collectionneurs ou marchands. Mais si votre objet est de moyenne importance, vous serez bien accueilli pour une vente en période creuse.

Jouez la spécialisation des Maisons de ventes.
Certaines Maisons de ventes régionales sont spécialisées dans certains types d’objets : montres, poupées, objets en relation avec l’équitation (à Saumur par exemple).

Pour trouver les ventes spécialisées, le moyen le plus simple est de mettre la main sur un expert spécialisé et de lui poser la question : connaissez-vous une Maison de ventes qui peut vendre mon objet ? Ces experts circulent le plus souvent dans les Maisons de ventes qui organisent les ventes aux enchères dans leur spécialité.

A Paris, certaines Maisons de ventes montent régulièrement des ventes dans certains domaines (bibliophilie, photographies, estampes japonaises, vins…). On peut les repérer facilement dans la Gazette de l’Hôtel Drouot qui parait le vendredi.

d) Les frais que vous pourriez éventuellement payer en tant que vendeur

Les frais de vente

Ils dépendent de la  nature et de la valeur de votre objet, de la politique de la Maison de ventes et de votre négociation avec le commissaire-priseur. On ne demande pas de frais de vente pour un objet estimé peu cher proposé dans une vente non cataloguée car il y a pas de frais pour le commissaire-priseur (pas de catalogue, pas d’expert).

Pour une œuvre importante, là tout dépend de votre négociation. Les frais iront de  0% à 20%. Les frais de vente sont en général plutôt modérés afin d’attirer les vendeurs. De ce fait, les frais acheteurs grimpent parfois jusqu’à 30% du montant de l’adjudication.

Comptez également les frais d’expert. Il a expertisé votre objet et a engagé sa responsabilité sur son authenticité (mais pas sur un résultat possible obtenu au cours de la vente).
La Maison de ventes peut vous conseiller aussi une restauration : nettoyage de l’œuvre ou restauration proprement dite.

Dans les grandes Maisons de ventes, telles Christie’s, Sotheby’s, Artcurial, les frais sont plus élevés que dans les petites maisons. Elles supportent des frais de catalogue, de communication ou de publicité, d’expositions prestigieuses en salle… Mais le résultat est proportionnel à cet investissement. Elles touchent des acheteurs potentiels dans le monde entier et les enchères peuvent s’envoler…

Négocier  les frais vendeurs.

Lisez les conditions de vente avant, pour réfléchir à votre négociation. Elles sont disponibles sur le site de la Maison de ventes, physiquement à ses bureaux ou dans le catalogue d’une vente précédente.

Vous pourrez négocier sur les points suivants surtout si votre pièce est de qualité :

– Ne pas payer les frais vendeurs si votre objet est invendu.
– Que la Maison de ventes prenne en charge des frais de transport et de garde-meuble éventuels en attendant le jour de la vente ou après si invendu.
– Si c’est une œuvre majeure, qu’elle obtienne la couverture du catalogue ou une double-page.

e) Les points à discuter avec le commissaire-priseur, son clerc ou l’expert qui va s’occuper de la vente.

Le prix de réserve
C’est un montant que vous allez fixer vous-même. Si les enchères n’atteignent pas votre prix de réserve, votre objet ne sera pas vendu. C’est une protection pour le vendeur.
Faites-vous conseiller pour éviter ces écueils :
– Fixer un prix de réserve élevé : protège le vendeur mais peut être difficile à atteindre.
– Fixer un prix de réserve bas : vous allez vendre mais avec un risque de brader.

Le montant de la mise à prix
Le prix de départ des enchères est en général inférieur ou égal à l’estimation basse.

La fourchette d’estimation
Dans une vente aux enchères en général et obligatoirement dans une vente cataloguée, une fourchette d’estimation est publiée. Elle n’engage jamais la Maison de ventes. C’est le commissaire-priseur ou l’expert qui fixent cette fourchette au plus juste.
Si elle est trop haute, elle peut décourager les participants à venir enchérir. Si elle est trop basse, elle « dévalorise » l’objet.

f) Les ventes de gré à gré des Maisons de vente

Nous sommes dans le cas où votre objet n’a pas été adjugé car les enchères n’ont pas dépassé le prix de réserve que vous aviez fixé. Mais votre objet peut être proposé en vente de gré à gré par la Maison de ventes avec votre autorisation. Il s’agit d’une vente à un prix donné, fixé par vous-même.
NB : Qu’est-ce qu’une vente de gré à gré ? L’acheteur et le vendeur sont d’accord sur le prix et la transaction a lieu de suite. Dans le cas de l’achat d’un kg de fruits chez un marchand, vous participez à une vente de gré à gré.

Certaines grandes Maisons de ventes comme Christie’s ou Sotheby’s pratiquent énormément la vente de gré à gré.
Elles ont des fichiers d’acheteurs potentiels auxquels proposer les objets selon leurs centres d’intérêt. Dans ce cas, l’objet du vendeur ne passe pas en vente mais est directement proposé à des acheteurs particuliers.
Les grosses Maisons de ventes développent beaucoup cette formule qui est plus économique pour elles que de sortir « la grosse artillerie » d’une vente cataloguée avec publicité, catalogue coûteux et organisation d’une vente en salle et en ligne.
Certains vendeurs préfèrent ces transactions privées pour des raisons de confidentialité, car placer une oeuvre d’art aux enchères la rend naturellement plus « visible »,

3°) Les taxes sur la vente de votre objet

Vous avez vendu votre objet, bravo ! Mais vous allez peut-être devoir sortir votre porte-monnaie. Voici les taxes dues dans certains cas quelque soit le mode de vente.

Le droit de suite est à payer si votre objet a un auteur identifié.

Le droit de suite est dû à un artiste vivant ou à ses ayant-droits jusqu’à 70 ans après la mort de l’artiste.
Le droit de suite est perçu par l’ AGDAP (Société des Auteurs dans les Arts graphiques et plastiques) ou par d’autres comités artistiques.
Il évolue par paliers de 4% à 0,25%. Le montant maximum que l’on peut vous demander au titre du droit de suite est de 12500 €.
Le droit de suite sera prélevé par le professionnel acheteur ou la Maison de ventes.

La taxe sur la plus-value.

L’assiette de cette taxe est la différence entre le prix que vous avez payé pour acquérir l’objet et le prix auquel vous l’avez vendu. C’est donc votre plus-value.
– Plus-value jusqu’à 5000 €, vous êtes exonéré.
– Si la plus-value est supérieure à 5000 €, vous pouvez choisir entre :
                                    – la taxe forfaitaire égale à 6,5% du prix de vente
                                    – ou un prélèvement au taux de 36,2% de votre plus-value (19% + 17,2 % de prélèvements sociaux) auquel on déduit un abattement de 5% par année de détention au-delà de la 2ème année. Vous en êtes exonéré totalement si le temps de détention est supérieur à 22 ans.
Il vous faudra posséder la facture si vous voulez justifier du temps de détention.

La taxe sur la plus-value sera versée aux services fiscaux directement par le professionnel acheteur ou par la Maison de ventes,

Conclusion :
Cet article n’est peut-être pas exhaustif. Mais nous estimons avoir couvert l’essentiel des points à connaitre pour vendre votre objet d’art ou de collection dans les meilleures conditions.
Bonne quête de la solution qui vous sera la plus favorable !